Gérer la houle au mouillage : 3 techniques antiroulis à adopter sans délai

technique-anti-houleLorsque l’on voyage à la voile, le long des côtes françaises tout autant qu’à l’étranger, il n’est pas toujours facile de choisir un mouillage bien abrité du vent et sans houle entrante. Malgré toutes les précautions d’usage et une lecture préalable attentive de la météo, il peut arriver qu’une houle, même de faible amplitude, rentre dans votre mouillage et, s’il vous est impossible d’en changer rapidement (heure tardive, aucun autre abri à proximité immédiate), il ne vous restera plus qu’à endurer une nuit de roulis inconfortable, surtout en monocoque.

Même lorsque les conditions météo sont très calmes, une petite houle peut réussir à contourner la pointe qui protège la baie et, arrivant travers au bateau, faire perdre tout charme à votre mouillage.

Un voilier à l’ancre est beaucoup plus stable s’il se trouve perpendiculaire à la houle. Or, un bateau s’installe naturellement dans le lit du vent, qui ne correspond pas obligatoirement à celui de la houle. Voilà pourquoi il arrive fréquemment qu’un voilier roule au mouillage et rien n’est plus désagréable pour la vie à bord.

Heureusement, il existe plusieurs techniques permettant de contrer les effets de la houle, qui consistent la plupart du temps à amener le bateau perpendiculairement à la houle, afin d’en limiter les effets en privilégiant le tangage.

Mettre en place d’une deuxième ancre

Cette première technique consiste à installer un mouillage arrière, qui vient donc doubler l’ancre principale, pour stabiliser le voilier dans une direction donnée, et ainsi au besoin faire face à une houle entrante.

Le plus simple, hormis pour les bateaux de voyage où ce type de mouillage est la plupart du temps déjà installé à poste avec davier, ancre et amarrage, est d’utiliser une ancre légère avec un cordage plombé ou un mixte chaine / câblot, facile à mettre en place avec l’annexe. Toutefois, sauf à disposer d’une très longue amarre, il sera sans doute nécessaire de rallonger votre cordage plombé pour la mise en place de cette seconde ancre.

Il importe de repérer soigneusement l’emplacement souhaité pour cette deuxième ancre afin de réussir à la poser au bon endroit en annexe. Une fois l’ancre en position, il suffit de reprendre l’amarre depuis le bateau pour régler au mieux l’angle de ce dernier par rapport à la houle.

La plupart des ancres légères présente une très bonne tenue selon les tests publiés régulièrement dans les revues spécialisées, en particulier dans du sable ou de la vase. Il est vrai que nous n’avons pas, en France, la culture des ancres légères et préférons dans l’ensemble des mouillages lourds. Mais pour un mouillage secondaire, ce type d’ancre présente de nombreux avantages au 1er desquels sa facilité d’utilisation. Pour notre part, si nous n’avons encore jamais eu l’occasion de solliciter notre ancre Fortress FX 23 de 6,8 kg dans des conditions musclées, nous l’avons déjà, à plusieurs reprises, testée en mouillage secondaire jusqu’à 25 nœuds et sa tenue a toujours été remarquable.

Attention toutefois, avec un mouillage arrière, la récupération de l’ancre secondaire avant de reprendre la mer en annexe peut s’avérer délicate du fait de la force d’arrachement nécessaire, même en se positionnant à la verticale de l’ancre.

Si vous avez tiré un peu dessus lors de son installation, pour assurer sa tenue au fond, il peut être préférable de relâcher votre mouillage principal avant d’aller reprendre l’ancre secondaire directement du voilier pour disposer de suffisamment de force pour l’extraire car l’enfouissement de ce type d’ancre est excellent.

Une position de votre voilier travers au vent va solliciter d’avantage votre ancrage et bien que ces efforts seront compensés par la mise en place d’une deuxième ancre, il faut garder à l’esprit que cette technique n’est toutefois pas prévue pour affronter des vents forts.

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Modifier l’amarrage de l’ancre principale

Le principe de cette seconde technique antiroulis est relativement simple : au lieu d’amarrer le bateau en un point par la proue, vous venez l’amarrez avec une patte d’oie, à l’avant et à l’arrière, afin de présenter son flanc au vent.

Pour cela, il convient de fixer un long cordage d’au moins 2 fois la longueur du bateau (un long cordage est nécessaire car il faut beaucoup de mou au départ pour mettre en place la patte d’oie avant de la reprendre au winch) sur la chaine par l’intermédiaire d’une manille ou d’une main de fer par exemple, bien en avant du davier. Pour cela, le plus simple est de remonter de la chaine afin d’y frapper la manille, puis de la relâcher à sa position initiale ou, si vous avez de la place, de frapper le cordage à la sortie du davier et de rallonger votre chaîne par la suite. A chaque fois que cela est possible, cette dernière solution est à privilégier afin de renforcer l’ancrage, qui sera plus fortement sollicité.

Une fois le cordage fixé à la chaîne, il faut le ramener sur un winch à l’arrière du bateau, via un taquet ou un chaumard. Il ne reste alors plus qu’à relâcher votre mouillage principal et à reprendre progressivement votre cordage pour faire pivoter l’étrave de votre bateau dans le sens désiré et régler l’angle idéal afin de faire tanguer votre bateau, plutôt que de subir un roulis rapidement usant pour les nerfs.

Cette technique, assez facile à mettre en œuvre, positionne le voilier travers au vent et donc amplifie les efforts supportés par l’ancre.

Elle est donc à privilégier si les conditions de vent sont calmes, d’autant plus que l’évitage du bateau est toujours possible. Il faudra donc toujours veiller à conserver une marge de sécurité suffisante avec les autres bateaux du fait de votre position travers au vent.

technique-anti-houle-patte-oie

Amortir les oscillations du roulis

technique-anti-houle-poids-deporteCette troisième solution ne consiste plus à mettre le nez du voilier face à la houle mais d’amortir les oscillations liées au roulis par la mise en place d’une masse déportée par l’intermédiaire d’un tangon ou de la bôme.

Le plus simple est d’utiliser un tangon que vous disposerez perpendiculairement à l’axe longitudinal du bateau ou, à défaut de tangon, de déportez la bôme au maximum.

Vous pourrez alors y accrocher une ancre flottante lestée par un peu de chaine, immergée dans l’eau. A chaque fois que l’ancre flottante remontera dans les coups de roulis, elle freinera et amortira les mouvements du bateau.

Plus l’ancre sera déportée du bateau et plus son volume sera important, meilleure sera la stabilisation du bateau. Certains utilisent en guise d’ancre flottante des sacs à matériaux, facilement récupérables sur les chantiers et très costaud, même s’ils ne supportent pas les UV et vieillissent donc rapidement en extérieur.

technique-anti-houle-swi-techDes solutions manufacturées plus élaborées existent également comme le dispositif articulant deux panneaux inox qui s’ouvrent à la descente et se ferment à la montée, créant ainsi un frein non négligeable permettant de casser efficacement le mouvement pendulaire du bateau.

Ce système de stabilisateur pour bateau, diffusé par Swi-tec, s’attache soit directement aux taquets, soit à un mâtereau ou au tangon, ce qui augmente ainsi le bras de levier et donc la force de freinage.

Il pèse environ 8 kg tout compris et est donc facile à mettre en œuvre ou à démonter et son efficacité est annoncée comme amortissant 50% des mouvements de roulis au mouillage.

Le roulis pouvant rapidement être très éprouvant au mouillage, il importe avant tout de chercher à s’en protéger par le choix méticuleux de sa zone d’ancrage.

Mais il arrivera tout de même que votre mouillage se retrouve un jour exposé à la houle, pour diverses raisons.

Même si vous chercherez à quitter ce dernier au plus vite, il vous faudra parfois patienter le temps d’une nuit avant de reprendre le large et dans ce cas, vous pourrez améliorer sensiblement votre situation en recourant à l’une ou l’autre des 2 premières techniques, faciles à mettre en œuvre et pour lesquelles vous disposez probablement du matériel nécessaire.

La solution « ancre flottante » peut également être mise en œuvre facilement mais nécessite par contre de disposer de l’équipement nécessaire, comme d’un tangon notamment.

Investir dans un équipement plus sophistiqué peut également être une solution si vous naviguez fréquemment dans une zone réputée pour ses abris de médiocre qualité mais entre 2 maux, nous préférons le moindre et naviguer parfois un peu plus longtemps pour trouver un mouillage dont nous pourrons profiter pleinement.

Et vous, quel choix privilégierez-vous ?

Nous vous souhaitons bon vent et bonne mer.

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2 comments

  1. Albert - Répondre

    Les panneaux anti-roulis du dessin, s’ouvrent à la descente,et se ferment en remontant, à l’inverse de ce qui est décrit dans le texte. Pas grave, on a traduit.

    • Hélène & Bertrand - Répondre

      Merci pour votre lecture attentive. Nous corrigeons sans délai cette petite erreur

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