Fabriquer une protection d’étrave sur-mesure

 

Cet article s’inscrit dans notre défi “25 savoirs- faire & astuces en 25 semaines”.

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protection etrave poseeLa plupart du temps, l’installation d’une protection d’étrave a pour motivation la nécessité de protéger l’étrave des chocs qui peuvent survenir :

  • lors de l’accostage face à un quai,
  • lors des manœuvres de mouillage quand l’ancre descend ou remonte dans le davier.

De tels chocs, qu’ils soient occasionnels ou plus répétés, laissent la plupart de temps des marques disgracieuses sur une étrave, et ce d’autant plus fréquemment que votre étrave est droite, ce qui est de plus en plus le cas sur les croiseurs de conception moderne.

Heureusement, des solutions de protection existent. Les plus utilisées sont :

la défense en forme de « fer à cheval », positionnée à bonne hauteur sur l’étrave, utile principalement lors d’un accostage face à un quai une plaque inox réalisée sur mesure, éventuellement pré-découpé pour faciliter le pliage, collée ou visée sur l’étrave, plus polyvalente
defense protection etrave etrave inox

 L’étrave de notre voilier Saba est particulièrement droite et recouverte d’un enduit époxy peint, ce qui la rend très fragile en surface aux chocs.

impacts etraveMême si ces derniers n’ont aucune conséquence au niveau de la structure de la coque, compte tenu de sa stratification en fibre de verre / époxy d’une épaisseur importante sur cette zone de notre voilier, les marques résultant de notre rencontre avec le quai puis des petits impacts répétitifs dus à notre ancre de taille relativement conséquente ne sont pas vraiment esthétiques et nous n’aimons pas l’allure négligée qu’elles donnent à Saba.

Nous avons donc regardé les différentes solutions de protection d’étrave existantes et étudié leur ratio coût / efficacité avant de nous décider et d’opter, finalement, pour une solution « home made » réalisée à base de fibre de verre et d’époxy, moulée sur l’étrave, teintée dans la masse, et démontable afin de pouvoir être relookée au fil du temps si besoin.

D’un poids total de seulement 2,4 kgs, cette option présente un coût matière (fibre de verre + époxy) de moins de 30 €, auquel il convient toutefois de rajouter une peinture de protection contre les UV.

Si cette solution maison et à faible coût vous intéresse, voici le détail illustré des différentes étapes de fabrication de cette pièce de protection d’étrave :

Etape 1 – Moulage / stratification de la protection d’étrave

Réaliser soi-même sa protection d’étrave en fibre de verre / époxy permet de disposer d’une pièce moulée directement sur son étrave et donc parfaitement adaptée aux formes de cette dernière.

moulage protection d'étraveSi vous disposez de cire de démoulage, vous pouvez en enduire votre étrave, en débordant largement de la surface à stratifier, afin que votre stratification n’adhère pas à votre coque. Cependant, après démoulage, il convient de nettoyer votre coque pour éliminer toute trace de cire, ce qui n’est pas toujours très facile à faire. Nous avons donc choisi d’utiliser plutôt un plastique de protection, bien ajusté et scotché sur la coque, pour remplir ce rôle d’agent de démoulage.

etrave sabaNous avons stratifié 5 couches de Bx600 (biaxial de 600 gr /m²), puis complété ces dernières avec 2 couches de finition en utilisant un tissu léger de 200 gr /m², ce qui a donné au final une épaisseur totale de 3,5 mm environ.

La résine a été colorée en noir avec de la pâte pigmentaire époxy (attention à toujours vérifier la compatibilité de cette dernière avec votre résine) afin de teinter la pièce dans la masse, de donner cette couleur à notre protection d’étrave et de réduire au maximum l’impact visuel des futurs impacts que génèrera sans doute possible encore notre ancre.

Il est conseillé de disposer un tissu d’arrachage en surface, ce qui permet, après polymérisation, d’obtenir une surface bien lisse qui ne laisse pas apparaître la trame des tissus. En effet, reprendre les imperfections avec un enduit viendrait fragiliser la surface du stratifié qui supportera les chocs de l’ancre et conduirait donc à revenir aux mêmes désagréments observés sur votre coque sans que la protection d’étrave n’apporte une réelle amélioration à la situation.

Etape 2 – Ebavurage / finition de la protection d’étrave

Nous avons donné à notre protection d’étrave la forme voulue en réalisant facilement une découpe à la scie circulaire et à la scie sauteuse (attention toutefois, la fibre de verre use rapidement les outils de coupe).

découpe protection d'étraveCette technique de réalisation de votre protection d’étrave en fibre de verre vous offre donc la possibilité de laisser libre cours à votre créativité et de vous adapter aux contraintes de forme de l’étrave de votre voilier, ce qui constitue un autre intérêt non négligeable de cette solution.

Nous avons enfin usiné la pièce pour y percer 6 trous destinés à la fixation ainsi que 2 trous pour permettre le passage de la sous-barbe de notre bout dehors.

Si nécessaire, vous pouvez réaliser à ce stade un glaçage à la résine colorée pour améliorer l’état de surface, avant d’appliquer la peinture de protection contre les UV car l’époxy ne les supporte pas et il est donc indispensable de peindre votre protection d’étrave pour la protéger durablement.

Etape 3 – Fixation de la protection d’étrave

fixation protection d'étraveNous avons fait le choix d’une fixation amovible afin de pouvoir relooker facilement notre protection d’étrave en cas de nécessité. C’est pourquoi nous avons opté pour une fixation mécanique à l’aide de 6 vis fraisées. La pièce de protection étant parfaitement adaptée à la forme de notre étrave, ce mode de fixation ne devrait pas générer d’effort parasite de type cisaillement aux points de fixation.

Notre coque en sandwich présentant par ailleurs une épaisseur de plus de 30mm, ce type de fixation mécanique ne présente aucune difficulté et nous avons simplement réalisé des inserts en résine chargée (charge structurelle pour joint congé) au niveau des trous de vis, pour améliorer la tenue mécanique des vis et assurer une parfaite étanchéité au niveau de la coque.

Nous vous souhaitons bon vent et bonne mer.

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1 comment

  1. Pierre Brérot - Répondre

    Bravo pour le tout.
    magnifique travail, travail de pro comme toujours.
    Bravo aussi pour la petite apparition de Théo toujours aussi mignon.
    Vivement que vous quittiez Port Leucate: 300jours de vent par an….c’est beaucoup.

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