Comprendre le vocabulaire nautique

Les voiliers que vous admirez au large dès que la belle saison s’installe vous font rêver depuis longtemps. Ils sont pour vous symbole de liberté et d’aventure, ils constituent la promesse de belles découvertes et de moments privilégiés de connexion avec la nature, hors du temps trépidant de votre quotidien.

Vous aimez déambuler dans les ports. Sur les pontons, l’odeur saline mêlée à celle, plus technique, des produits d’entretien nautique émoustillent vos narines, le chant du vent dans les gréements sonne à vos oreilles comme le murmure ensorcelant des sirènes, la vision fugace d’un intérieur de voilier vous conduit à vous projeter et à vous imaginer chef de bord de cette belle unité.

N’attendez plus, la voile vous appelle, il est temps de lui prêter attention et de rejoindre l’équipage chaleureux et cosmopolite des navigateurs.

Vous êtes tenté par l’aventure mais voilà, vous débutez et ne maîtrisez pas encore le complexe vocabulaire des gens de mer, et vous craignez donc la risée des plus avertis.

Pas de panique, ce qui s’apparente au départ à une véritable langue étrangère s’acquière finalement très vite et vous serez vous-mêmes étonnés par votre dextérité à jongler avec ces mots très prochainement.

Revue de détail du vocabulaire utilisé à bord d’un voilier

Sur un voilier, il est primordial de bien se faire comprendre tout autant que de réagir sans hésitation aux injonctions de son Capitaine, notamment lorsqu’une manœuvre s’impose.

Voici donc pour commencer quelques vocables incontournables à maîtriser avant de monter à bord :

  • Accastillage : ensemble des accessoires qui, sur un voilier, servent au réglage du gréement et à la manœuvre des voiles (poulies, manilles, taquets, …)

  • Allure : direction d’un navire par rapport au vent

  • Amarinage : période d’adaptation à la vie en mer et aux mouvements du bateau, s’utilise fréquemment pour désigner la période nécessaire à la disparition totale des symptômes du mal de mer

  • Amure : position d’un bateau par rapport au vent. On dit  à bâbord amures quand le bateau reçoit le vent par bâbord ou à tribord amures quand il le reçoit par tribord

  • Amarre : cordage utilisé par les voiliers afin de se maintenir en position contre un quai, un autre bateau ou tout autre dispositif de stationnement

  • Bâbord : côté gauche du voilier lorsque vous faites face à l’étrave

  • Barre franche / à roue : dispositif de manœuvre du gouvernail

  • Bôme : espar horizontal rigide articulé sur le mât qui permet d’orienter la grand-voile d’un bateau

  • Cap : direction dans laquelle vous pointez l’étrave de votre voilier, il ne doit pas être confondu avec la route suivie, qui diffère du cap en raison des influences du vent et/ou du courant

  • Coque : constituant premier d’un voilier qui assure la flottabilité et l’étanchéité, on distingue les œuvres mortes d’un voilier qui sont constituées par les parties émergées de la coque (situées au-dessus de l’eau) et les œuvres vives qui correspondent aux parties immergées, c’est à dire situées sous la ligne de flottaison.

  • Drisse : cordage servant à hisser une voile

  • Ecoute : cordage servant à régler l’angle de la voile par rapport à l’axe longitudinal du voilier

  • Faseyer : battre au vent, une voile qui faseye est une voile insuffisamment bordée qui se dégonfle en partie

  • Gîte : inclinaison du voilier de part et d’autre de son axe longitudinal

  • Gouvernail : dispositif mobile destiné au contrôle directionnel du voilier

  • Gréement : Ensemble des éléments relatifs à la voilure d’un bateau : mât, cordages, voiles … On distingue le gréement dormant, constitué de tous les câbles qui tiennent le mât et sur lesquels on n’agit pas pendant la navigation (haubans, étai, pataras, …) du gréement courant, constitué de tous les cordages mobiles qui servent à régler les voiles (drisses, écoutes, hale-bas …).

  • Mât : longue pièce de bois, de métal ou carbone dressée verticalement sur le pont d’un voilier, maintenue par des haubans, étais et pataras et destinée à porter la voilure

  • Mille nautique: unité de distance utilisée en navigation, correspondant à 1 852 mètres

  • Noeud : unité de mesure de la vitesse utilisée en navigation maritime, qui correspond à un mille nautique par heure

  • Poupe : arrière d’un voilier

  • Proue : avant d’une embarcation

  • Quille : ensemble constitué par l’appendice vertical placé sous la coque et le lest qui lui est rattaché, qui équilibre le bateau et l’empêche de chavirer

  • Safran : partie immergée du gouvernail, constituée d’un plan vertical pouvant pivoter afin de dévier le flux d’eau sous la coque pour changer la direction du voilier

  • Tribord : côté droit du bateau lorsque vous faites face à l’étrave

  • Winch : petit treuil à main constitué d’une poupée métallique manœuvrée par une manivelle

Du côté des voiles, un vocabulaire spécifique également

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la source de propulsion principale d’un voilier est le vent et que pour tirer parti au mieux de cette source énergétique gratuite et renouvelable mais aussi facilement capricieuse et sujette aux sautes d’humeur, il faut apprendre à maîtriser et régler ses voiles au millimètre près.

Mais avant d’en arriver là, voyons tout d’abord de quelle garde-robe nous disposons généralement en croisière :

  • le Foc : Le foc est la voile triangulaire hissée à l’avant, à partir de l’étrave, le long de l’étai. La taille du foc varie en fonction de la force du vent et chaque catégorie possède sa propre appellation :

  • le Génois : foc de grande taille, adapté aux vents faibles à moyens et aux allures de près à travers lien avec l’article sur les différentes allures

  • la Trinquette : foc le plus rapproché du grand mât, fabriqué dans une toile lourde et résistante, utilisé pour équilibrer une grand voile arrisée lorsque la brise fraîchit

  • le Tourmentin : petit foc de « sécurité » à hisser en cas de mauvais temps, bien taillé et très efficace, notamment pour remonter au prés

Depuis l’arrivée des enrouleurs sur les voiliers, le génois, dont la surface peut alors être réduite, se substitue souvent aux voiles utilisées pour les vents frais à fort (trinquette et tourmentin) bien que la forme d’un génois enroulé ne soit pas optimale et que le point d’amure soit trop éloigné du mât dans le mauvais temps pour bien équilibrer la grand voile.

  • Le spinnaker : voile légère utilisée par faible vent arrière, de grande taille et donc souvent impressionnante pour le débutant, elle existe en plusieurs déclinaisons (symétrique, asymétrique, gennaker, code 0 …) lien avec un article spécifique sur le spinnaker

  • la Grand voile : voile située à l’arrière du mât de forme triangulaire et maintenue sur 2 de ses bords, d’un côté par le mât, et de l’autre sur la bôme, son réglage est fonction de la force du vent, du cap suivi et de l’état de la mer

Le choix de la meilleure combinaison de voiles est propre à chaque voilier, au regard de ses caractéristiques spécifiques, et aux conditions de vent rencontrées, mais l’objectif poursuivi doit toujours être le même, la recherche du meilleur équilibre pour une performance maximale.

Si nous rentrons maintenant dans le détail d’une voile, cette dernière présente globalement une forme triangulaire dont chaque sommet et chaque côté porte un nom particulier :

  • Le point de drisse ou têtière : c’est le point haut de la voile, il permet de la hisser grâce à une drisse
  • Le point d’amure : il est situé à l’avant de la voile, il constitue son point d’attache le plus bas
  • Les points d’écoute : ce sont les points arrières qui permettent de fixer les écoutes et de régler la voile
  • Le Guindant : Le guindant est le bord de la voile qui est inséré dans l’étai pour le génois ou dans le mât pour la grand voile
  • La Bordure : La bordure est le bord de la partie basse de la voile, qui part du point d’amure vers le point d’écoute (le long de la bôme pour la grand voile)
  • La Chute : La chute est le bord de la voile qui part du point de drisse vers le point d’écoute

 

  • schema-voile

Et pour finir, trois derniers petits mots bien utiles à connaître pour affiner le réglage de ses voiles :

  • Ris : partie d’une voile (bande de ris) que l’on peut replier pour diminuer sa surface quand le vent forcit

  • Bosse de ris : cordage présent sur la chute d’une voile et permettant de prendre un ris, une fois la voile semi-affalée, la bosse de ris sert à étarquer la bordure

  • Pennons : petits brins de laine qui permettent de visualiser l’écoulement du vent sur la voile et d’affiner ses réglages

 

Vous voilà maintenant équipés et fin prêts à rejoindre la communauté des gens de mer pour échanger avec compétence et assurance sur vos envies et projets de croisière à la voile.

 

Nous vous souhaitons bon vent et bonne mer.

 

 

Partager l'article :

3 comments

  1. Diana Laniel - Répondre

    Bonjour il y a une erreur sur le dessin …le guindant et la chute sont inverser

    • Hélène & Bertrand - Répondre

      Le dessin peut effectivement porter à confusion mais il s’agit d’un génois donc le guidant correspondant bien au côté de la voile “endraillé” sur l’étai. Merci néanmoins pour votre vigilance, une erreur peut vite se glisser dans un article.

Leave Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Télécharger gratuitement vos guides pratiques



 14 points essentiels pour réussir ma croisière à la voile


 14 étapes pour préparer son départ en grande croisière